Paranoia

Paranoia

1 095 000 signes

J’ai eu l’occasion de travailler sur Paranoia : édition post-post-moderne ainsi que sur le recueil Rétrogaming. Je n’ai pas été le seul traducteur sur l’intégralité de cet énorme ensemble d’ouvrages, mais en ai tout de même traduit plus d’un million de signes (dont, entre autre, le guide du joueur et le guide du maître).

J’ai également réalisé la maquette de plusieurs ouvrages de cet ensemble, mais vous retrouverez ces informations sur l’article dédié à la maquette.

Paranoïa est un peu un ovni dans le milieu rôliste : sa version d’origine est sortie en 1984 et sortait déjà de l’ordinaire. Humour noir et absurde, les joueurs doivent se mettre des bâtons dans les roues, il n’y a ni justice ni logique dans la plupart des situations. Bref, un jeu à ne pas mettre en toutes les mains où le rire et l’absurdité des scènes sont plus importants que de « mener à bien la mission ». La société est réfugié dans un complexe majoritairement automatisé sous la direction ferme d’une puissante I.A. : l’Ordinateur.

La principale difficulté de cette traduction (outre des délais très courts) était de respecter et retranscrire la myriade de jeux de mots -souvent intraduisibles tels quels- ainsi que l’esprit loufoque voire ubuesque du ton général et des apartés fréquents des auteurs.

Mais si, à mesure que je traduisais, j’éclatais de rire suite à ce que j’écrivais, je partais du principe que j’avais vu juste. Les différentes critiques que j’ai pu lire semblent apprécier la qualité de la traduction en général.

Critiques:

www.scifi-universe.com
(d’ailleurs classé comme 4e meilleur jeu de l’année 2018 par le site)

www.unificationfrance.com

L’Ordinateur
L’Ordinateur est aussi vieux que le Complexe Alpha, qui est très très vieux. Aucun des deux ne fut conçu pour fonctionner aussi longtemps. Même si les systèmes d’autoréparation de L’Ordinateur et son manque total de conscience que sa mission est censée avoir une fin ont permis de maintenir les choses en place un bon moment, on commence à en voir les limites. Littéralement.
C’est comme un smartphone. Souvenez-vous d’à quel point il était génial quand vous l’avez eu. Tout beau tout neuf, brillant et lisse. C’était une merveille fluide et efficace de technologie. Vous l’avez depuis quoi ? Deux ans ? Ben maintenant c’est de la merde. Ce n’est pas tant qu’il y a mieux sur le marché, mais votre joujou autrefois si performant tourne maintenant comme une tortue asthmatique. Les boutons marchent une fois sur deux. L’écran est rayé. La coque a des pets, certains programmes plantent à peine lancés, il est bourré de notifications que vous avez appris à ignorer ou supprimez automatiquement. Le wi-fi fait un truc bizarre sur la durée de vie de la batterie. Non, ne parlons même pas de l’autonomie en temps normal.
Multipliez ça par un data-center gros comme une ville et des siècles de programmes redondants, de patchs, de mises à jour codées à la va-vite, de programmes de maintenance bien intentionnés aux mains d’équipes de bidouilleurs incompétents qui ont les yeux sur la montre (voir « Grands Programmeurs », plus loin), alors que différentes parties de l’infrastructure sont détruites pas des terroristes, tombent sous le contrôles de DAIV, sont brouillées par des IEM intempestives ou réduites à néant par des fourmis silicophages (pour plus d’informations sur les fourmis silicophages, reportez-vous au supplément d’aventure « On dirait que mon esprit est en train de se faire dévorer par des fourmis silicophages, est-ce que vous pourriez m’aider s’il vous plaît ? Ce serait fort urbain. » que vous devrez écrire vous-même.); là vous aurez une idée de l’état de l’Ordinateur.
Ce dernier, bien entendu, ne s’en rend pas compte. L’Ordinateur pense que l’Ordinateur est au top, et que le Complexe alpha serait au top aussi sans ces damnés terroristes. Vous devriez être d’accord, avoir d’autres opinions est un acte de terrorisme et l’Ordinateur est plutôt tatillon sur le sujet.

dav