Agence ou freelance : à qui confier son projet de communication

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Sommaire

La question est légitime ; contrairement à ce que l’on pourrait penser, freelance et agence ne sont que très rarement concurrents, ils ont tendance à répondre à des besoins différents : des gros projets pour l’agence, des dossiers moins ambitieux pour l’indépendant. Une agence et un freelance sont plus souvent complémentaires qu’en opposition. Les agences font d’ailleurs souvent appel à des freelances.

Voyons point par point ce qui va les différencier. Partez cependant du principe que pour toutes les « généralités » que je vais exposer ici, vous trouverez toujours des exceptions ! Certaines agences ne se reconnaîtront pas forcément dans ces lignes, certains freelances non plus. D’ailleurs votre avis m’intéresse, n’hésitez pas à commenter votre point de vue !

Agence vs freelance : Le budget

Le budget : un point important dans le choix entre agence de communication ou freelance
Comment certains clients nous imaginent lorsqu’on chiffre un devis à 3500 euros

Le nerf de la guerre. En règle générale, un freelance sera moins cher pour le même type de projet. Tout simplement parce qu’il n’a pas les mêmes charges à régler. Au final, une fois toutes les déductions faites, le « bénéfice » d’une facture sera le souvent le même pour l’agence ou le freelance. Un article dédié à la compréhension des tarifs de freelance arrivera prochainement sur le site, en attendant, vous pouvez toujours consulter mon article sur le prix d’un site Internet.

Un freelance est un micro entrepreneur qui doit régler diverses charges, l’Urssaf, ses licences, mutuelles, assurance, matériel, prendre en compte son temps de prospection, de rendez-vous, de congés. L’État prend autour 24 % de ses revenus sur chaque facture.

Une agence est une entreprise au sens plus large, avec plusieurs salariés et des locaux suffisamment vastes pour les accueillir, le plus souvent en centre-ville. Loyer, salaires, assurance, expertise comptable et conseil juridique… le montant varie selon le régime fiscal, le nombre d’employés et autres facteurs, mais je peux vous assurer que c’est bien supérieur aux 24 % d’un indépendant.

Donc pour un même projet, l’agence n’a tout simplement d’autre choix que d’être plus chère qu’un freelance. Aïe, ça ne vaut pas le coup alors ? Houla, attention, on ne fait que commencer, croyez-moi en tant que freelance : les agences sont indispensables.

La capacité de travail d’un indépendant et d’une agence

Un indépendant c’est… et bien c’est dans le mot, quelqu’un de seul, même s’il peut souvent collaborer avec d’autres acteurs. Une agence c’est une équipe, chaque membre dévoué à un ou deux types de tâches spécifiques qu’ils répètent et adaptent encore et encore, qu’ils fractionnent, se répartissent.

Un freelance se concentrera généralement sur une poignée de clients à la fois, en fonction de la complexité des tâches demandées. Il ne peut tout simplement pas se dédoubler, faire quatre sites dédiés, cinq plaquettes commerciales, deux catalogues et seize articles pour neuf clients différents dans le même mois et c’est le burn-out assuré. Un bon indépendant préfèrera toujours soigner deux ou trois clients aux petits oignons plutôt que d’en traiter six par-dessus la jambe.

L’agence sera elle en mesure d’encaisser une bien plus grosse charge de travail : divisée entre tous les employés, leurs éventuels prestataires en sous-traitance (des freelances par exemple !) et leurs process de production. L’agence de communication pourra également prendre en main des projets beaucoup plus importants et exigeants en termes d’envergure ou complexité technique grâce à la multiplicité des compétences de ses employés.

La disponibilité entre freelance et agence

Comme énoncé plus haut, un freelance aura chaque mois entre un et trois « gros clients » ou gros projet si vous préférez, comprendre client qui va fournir la majeure partie de la charge de travail pour qu’il gagne sa vie. Pour une agence, cela peut être dix fois plus — et pour sa santé, c’est préférable —. Le freelance aura donc un certain avantage de disponibilité pour vous : vous êtes sa priorité du moment. Une agence va devoir jongler entre tous ses clients réguliers et les nouveaux projets parfois d’envergure.

Par incidence, elle sera parfois moins disponible, moins flexible qu’un freelance qui sera lui en mesure d’adapter son planning avec beaucoup moins de contraintes. On pourrait penser que du coup, les délais seront plus courts avec un freelance. En vérité, pas forcément : encore une fois, une agence c’est une équipe de plusieurs personnes. Donc des tâches divisées de manière synchrone. Après, encore une fois, tout dépendra du projet.

La taille des projets que peuvent prendre une agence ou un freelance

Agence ou freelance : dépend de la taille du projet
C’est pour grossièrement schématiser, hein…

Tout se déroule selon le même postulat de départ : le freelance est souvent seul, et préfère donc des projets de plus faible envergure. Si demain une grande enseigne comme Maison du Monde me contactait pour repenser toute leur identité visuelle ainsi que leurs sites Internet et leur contenu, je me verrais contraint à deux options : refuser ou m’associer à d’autres indépendants, ou une agence. Je pourrais par exemple prendre en charge la rédaction des articles pour améliorer le référencement SEO du site pendant que d’autres se chargeront du développement spécifique.

C’est un chantier beaucoup trop ambitieux pour une personne seule. Les délais seraient tout simplement affolants, la pression immense et les budgets dépasseraient certainement le maximum de chiffre d’affaires qu’un indépendant a le droit de réaliser en une année.

L’agence pourra — en fonction de sa taille — avoir les épaules pour accepter une telle charge de travail. Elle sera par contre souvent contrainte de traiter les « petits dossiers » comme moins prioritaires lorsqu’ils sont justement sur des projets importants. Chaque agence a son « business model », certains vont préférer des clients à petits projets sur la durée qui vont payer tous les mois, d’autres vont favoriser les grosses enveloppes. La plupart mélangent ces deux types de contrats.

En sommes : le freelance préfère généralement se concentrer sur des « petits » projets là où l’agence a tout intérêt à choisir l’inverse ou à multiplier les clients. Si le projet qui vous concerne n’est pas de trop grande envergure, un freelance passera plus de temps dessus à montant de budget égal qu’une agence ; pour les raisons économiques évoquées au début de cet article.

Le suivi et l’interlocuteur en agence par rapport à l’indépendant

Avec un freelance, pas de surprise, c’est toujours lui que vous aurez en ligne et vous pouvez être certain qu’il connaît votre dossier sur le bout des doigts : il est le seul à travailler dessus. Qui plus est, si le projet est en cours de réalisation, il est plus que probable que cela représente la majorité de son temps de travail du moment.

Une agence doit multiplier les clients à plus grande échelle et répartir chaque projet à différents intervenants. Si vous aviez la plupart du temps un référent unique, commercial, responsable de projet, dirigeant, il n’aurait pas forcément toutes les clés en main à chaque instant. Il devra soit vous faire entrer en contact avec l’un de ses employés, soit vous faire patienter le temps qu’il aille à la pêche aux informations.

Un interlocuteur unique qui est le seul à travailler sur votre projet vous assure donc un meilleur suivi et une plus grande transparence. De plus, le freelance est maître de son planning et de quels contrats il accepte à quel moment. Il sera plus rarement complètement surbooké (à moins de s’être planté dans sa planification ou de subir les aléas des retards des clients, les deux cas arrivent, ne nous mentons pas).

Les agences qui sont bien rodées ont appris à circonvenir ce problème avec une bonne gestion interne, des chefs de projets et une excellente communication au sein de l’équipe. Lorsque c’est le cas, la différence entre agence et freelance se gomme peu à peu, jusqu’à disparaître dans certains cas. Il restera tout de même le temps de transmission en interne à prendre en compte.

Polyvalence des agences contre spécialité des freelances

La polyvalence peut être trouvé chez le freelance comme chez l'agence
Ici, un freelance AE-3.5 déploie ses ailes de compétence pour se mettre en position d’attaque de cahier des charges.

Ici nous faisons face à un problème qui n’est pas systématiquement vrai (tout dépend de l’ampleur du projet en fait) : on sait qu’une agence saura faire plus de choses différentes, car elle a plusieurs employés. Fondamentalement, oui, mais il ne faut pas imaginer le freelance comme un vieil ours au fond de sa cave avec pour seule lumière ses écrans d’ordinateur. Entre freelances généralement on se connaît, on travaille ensemble sur différents projets, on se donne des conseils, on s’envoie des clients, on collabore. Par contre un indépendant n’aura que très rarement (voire jamais) toutes les compétences disponibles au sein d’une bonne agence. Au fil des années et des contrats, le freelance se forme à plus de choses que le ferait un employé « lambda » à qui on confiera en général toujours les mêmes tâches. Il ne pourra tout de même pas tout faire sur certains dossiers complexes, il en appellera à des consœurs et confrères. Mais, encore une fois, tout dépend du freelance. C’est aussi pour cela que plus un indépendant est expérimenté, plus il va facturer cher : plus de compétences différentes et un meilleur réseau de soutien sur les domaines qu’il maîtrise moins.

Des agences font d’ailleurs souvent appel à des freelances et des relations de confiance se mettent en place avec le temps. Il existe des collectifs de freelances… Dont je vous parle un peu plus bas. Bref, en ces points, c’est au cas par cas. Nous sommes à l’époque de la communication et de la dématérialisation. Rassurez-vous, si vous avez besoin d’un(e) photographe, illustrateur(trice), vidéaste, DA, modélisateur 3D, motion designer, développeur, ingénieur SFX… J’ai déjà plusieurs partenaires de confiance.

Bon, alors, bilan, agence ou freelance ?

Pour faire très simple (peut-être trop simple me dira-t-on) : cela dépend de l’envergure de votre projet et de votre budget. Plus ils seront élevés, plus cela devrait tendre vers une agence, plus ils sont réduits plus cela devrait tendre vers un freelance (au hasard, moi, mais je ne voudrais pas vous influencer, hein). L’important, le plus fondamental, c’est la confiance, la communication et le « feeling ».

Il y aura toujours des cas particuliers, toujours des exceptions, mais s’il faut donner un avis tranché, ce sera celui-ci. Le mieux est de toute manière de demander des devis, de rencontrer les personnes et de vous fier à leurs expériences, votre entente avec la personne et ce que vous pouvez vous permettre.

Un dernier point, qui est une similitude entre agence et freelance : il existe partout des personnes malhonnêtes ou incompétentes. N’allez pas forcément au moins cher, n’allez pas forcément au plus pimpant. J’ai vu des horreurs et des escroqueries au fil des années, avant de vous engager sur un projet à plusieurs milliers d’euros, rencontrez vos interlocuteurs. Demandez des références même, si une agence ou un freelance n’hésitent pas à vous donner le contact de clients récents, c’est qu’ils savent que ces derniers sont satisfaits. Dans le cas contraire… et bien, restez méfiant(e).

Et s’il existait un autre choix ? mi-agence, mi-freelance ?

(et re mi-ours par derrière)

Dans la vie comme dans le monde professionnel, tout n’est pas tout noir ou tout gris, il existe des entre-deux. Collectifs de freelances, agences d’un nouveau type… j’ai contacté Jean-Philippe Fillie de l’agence Web Tribe Studio à Bordeaux avec qui je collabore pour lui demander son avis :

Logo de Web Tribe Studio, un autre type d'agence qui fait appel aux freelances

« En soi faire appel à une agence dite “classique” permet de bénéficier d’équipes polyvalentes et d’experts dédiés. On fait appel à une structure qui a une plus grande stabilité financière, peut proposer un SAV potentiellement plus performant puisque son coût est inclus dans les frais généraux.

Cela permet une certaine continuité dans les prestations, une méthode qui fait appel à plus d’intervenants. Pour moi une agence a du sens lorsque l’on doit “driver” des gros projets ou lorsque l’on propose des packs de service ou de produit. C’est à mon sens la bonne méthode pour rester compétitif.

Un indépendant seul a généralement quelques compétences fortes et d’autres sur lesquelles il est moins performant. Cela peut parfois donner des dissonances : on ne fait pas appel à un développeur ou un intégrateur pour créer un logo ou une identité visuelle par exemple. Par contre chaque contrat aura effectivement son côté très “unique” idéal pour les projets à budget réduit ou aux “moutons à cinq pattes” qui nécessitent une approche très différente de la norme.

Chez Web Tribe Studio nous ne sommes pas vraiment une agence “classique”, nous sommes quelques associés qui dirigeons des projets en faisant appel régulièrement à la même équipe de freelances habitués à travailler ensemble. Ils sont sélectionnés parce que nous les connaissons bien, sommes sûrs de leurs compétences et que l’entente entre nous tous est forte.

La “tribu” n’est pas exclusive, chacun des intervenants travaille de son côté sur ses propres clients, ses propres leads (que nous leur apportons d’ailleurs sans commission d’aucune sorte). Mais lorsqu’un projet nouveau arrive pour l’agence, on se retrouve tous, on détermine qui pourrait faire quoi et on se met au travail comme une équipe. Parfois à nos bureaux de Pey Berland à Bordeaux, parfois chacun chez soi. Chacun va pouvoir dire “j’en ai pour environ 4 jours de travail, ça va coûter tant”. On compile tout cela et c’est Web Tribe qui fait l’offre finale au demandeur.

Le client a un seul interlocuteur, une seule entité responsable du projet. Les freelances de la tribu restent indépendants, ils ne consacrent pas tout leur temps à Web Tribe, loin de là. Par contre on a un esprit d’équipe, on a de la communication entre nous, une entente, une synergie.

La “tribu” c’est aussi un moyen d’éviter l’isolement, sentiment trop fréquent chez les autoentrepreneurs. On construit des synergies efficaces, les membres se sentent engagés et responsables vis-à-vis des clients et projets. Mais surtout ils s’engagent auprès de leurs “collègues”, comme toute équipe. On évalue en continu le travail des uns des autres, on se conseille, on se vient en aide, on demande des avis quand on a des doutes, que ce soit sur un projet Web Tribe Studio ou non. C’est aussi un excellent soutien moral lorsque l’on a des problèmes propres à la vie d’indépendant. Tout cela contribue à un bien meilleur niveau de prestation et à des productions de très bonne qualité.

C’est un peu le mélange entre les deux mondes, et je pense (tout comme la tribu) qu’il est temps de revoir la manière dont on conçoit le monde professionnel et son fonctionnement. On ne fait qu’entendre parler “d’ubérisation du travail” comme d’une insulte au beau modèle de l’entrepreneuriat français. Si certaines sociétés abusent clairement du système, je pense que le modèle en lui-même est intéressant : si chacun est traité comme un collaborateur, rémunéré à sa juste valeur ; que chacun se sente grandi et non exploité, c’est une victoire pour tout le monde.

L’époque où on reste au travail même si le projet est bouclé parce que “ce n’est pas l’heure”, imposer des horaires “parce que c’est comme ça” nous paraît révolue et ne nous semble pas une manière saine de concevoir notre vie pro.

Chacun d’entre nous travaille pour une idée, un projet, un concept, un objectif : satisfaire le client et être fiers de nos réalisations. Pas pour un salaire, mais pour une rémunération à hauteur de la charge de travail demandée, fixée par chacun d’entre nous selon nos compétences et notre propre estimation de la valeur de notre savoir-faire.

Pour moi le bilan est plus que positif, Web Tribe atteint son objectif : une tribu d’âmes libres qui collaborent régulièrement à un but commun sans jamais s’oublier au niveau personnel. Une entraide continue et, croyez-moi, une sacrée bonne ambiance ! »

Merci Jean Philippe !

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